Pied Tendre sur le chemin | |
Pieces DetacheesLe soleil vole et les oiseaux brillent, la poussiere file et la moto s'envole...Dans un couche de Soleil en plein midi, un lonesome cowboy et sa monture, son compagnon et ca carbure...mais pas toujours comme il faut... Nous n'avons pas encore dejeuner, et nous n'avons ni l'un ni l'autre emporte de raisin, la route est plate et file au loin, c'est l'heure de notre premier pepin. Alors que nous transpercons les mottes de paille, etendues sur notre chemin par les soins des gens des champs, qui font ainsi secher leur foin...le moteur cale. Bizzarerie mechanique mais foin de cela, un coup de kick et tout va bien, le moteur reprend son entrain et nous repartons comme si de rien. Mais pas pour longtemps car a nouveau, la machine s'arrette et tetue, se refuse a repartir pour de vrai cette fois ci. J'actionne le kick mais en vain...cet exercice que je repete dix fois par jour si ce n'est vingt m'endolori la cheville mais que faire...je ne vais pas demarer a la main... C'est un probleme electrique, je le devine a l'oreille; ca turbine mais ca ne culbute pas la dedans...pas d'etincelle pour fair vivre le piston. Panne providentielle, manne qui vient du ciel, nous sommes en carafe devant une ecole chretienne. Le directeur nous accueille a bras ouverts et meme nous offre le couvert. Le gite ? Pas besoin, il convoque son mechanicien qui nous repare en moins de deux un pauvre fil arrache sur la batterie...j'aurais quand meme pu reparer ca et eviter d'etre assiste, reflexe du motard pas mechanicien que ca branche mais n'y connais rien...enfin pas assez pour bricoller lorsque Einfield dit je suis cassee. On repart donc le ventre plein, stress a zero malgre la panne, le soleil grimpe et Tim me passe ses lunettes de soleil...les miennes ont finalement disparu dans un vortex...j'ai retrouve leur etui vide, comme une coquille sans escargot. Elles sont parti sans bruit, sans bris de verre et sans tomber dans l'eau. Sans doute disparues dans la nuit, je ne les utilisais pas trop. J'espere qu'elle serviront bien le prochain qui les posera sur son nez, qu'il les ai trouvees quelquepart ou dans mon sac les ai derobees. Toujours aussi plate et poussiereuse, la route du Tamil Nadu a quitte la campagne et passe par ces villes plutot sales, pas finies, qui donnent un gout de west side story et ont un charme tres inegal. Pour le moment il n'y a aucun signe des montagnes auxquelles nous vouons notre periple, Koddaikannal est encore loin, deux jours de route au moins...Mais voila que la moto, trouvant sans doute le voyage ennuyeux, me lache a nouveau entre les doigts...qu'est ce que c'est donc cette fois ? Le cable d'embrayage nous a lache, les brins d'aciers tous sectionnes...pas moyen de continuer comme ca. Mais Tonio avait tout prevu, rappellez vous, c'est le barbu qui m'a vendu la moto... Il m'a briefe et prevenu que ce genre de panne etait frequent il etait plus que consequent et m'avait file en prime, un cable de rechange en cas de guigne. C'est donc confiants et sans ambage que nous roulons vers le garage. Et oui...on peut faire rouler un moto sans embrayage, il suffit d'etre un peu sauvage, d'accelerer comme un bourrin, faisant monter le moteur haut dans les tours avant de changer de vitesse. Le changement de cable ne nous prends guere de temps, une manoeuvre simple pour la majorite des mechanos Indiens. Personellement, je n'aurai pas su...enfin, si j'avais vraiment du le faire moi meme...peut etre que j'y serai quand meme parvenu. Il est cinq heures et il est temps de nous trouver un logement. Nous faisons donc route vers l'hotel le plus proche. Une Tele et une douche, un lit, un repas nous font du bien, malgres le bruit du daba en dessous, nous roupillons en quelques minutes. Le lendemain, apres chargement, une nouvelle "panne" nous attends. Enfin, ce n'est pas vraiment ca, mais le kick pendouille comme une nouille. Ca ne craint pas trop mais bon, mieux vaut quand meme reparer ca. Le mechano de la veille ne le peut pas. Il n'a pas la bonne piece detachee: le ressort du kick est casse. On doit donc faire un peu de chemin pour trouver le bon magasin vendant des pieces pour les Bullet qui tombent en miettes. C'est reparti pour un tour...on passe la matinee a chercher le bon mechanicien. On s'arrette au bout de deux heures, marre de se faire balader par les indics Indiens qui n'expliquent pas toujours tres bien (ou alors on ne comprends rien). On tombe chez un mechano qui parle beaucoup mais pas tres pro. Son petit apprenti demonte le kick et la boite de vitesse pendant qu'il ammene le siege du passager a l'atelier a ressouder. Resultat: quand il reviens, il est incapable de remonter correctement la boite de vitesse et je le regarde demonter et remonter l'ensemble, tournant a chaque fois le pieces dans le meme mauvais sens, et ignorant mes timides tentatives de lui indiquer que c'est la cinquieme fois qu'il essaye de la remonter comme ca et que ca ne marche pas. Je pense furtivement aux Shaddocks qui pompaient pour lancer des fusees qui toujours s'ecrasaient...Ils pensaient que plus ils rattaient plus ils avaient de chance de reussir...il commencaient donc a rater des lancement tres tot le matin afin d'en louper un maximum par jour. Nous aurions sans doute herite d'une moto shaddock si la providence, le good Karma ne s'etait pas une fois de plus manifeste sous la forme d'un petit homme. Arrive sur une mobilette de quartier, il s'arrette, voyant ses comperes affaires sur une Enfield. Il a tot fait de reperer qu'ils sont en train de galerer et decide de prendre les choses en main. Avant qu'il effleure la premiere cles, ma confiance est deja renflouee. Il a le nez droit et le regard franc, la coupe de cheveux impeccable et l'assurance du maitre. Pour un mecano, c'est un mecano. Il remonte en quelques instants les pieces que les autres mecaniciens n'etaient pas fichus d'assembler correctement. Tout fonctionne mais non content d'avoir tout remonte, il effectue quelques tests, redemonte tout pour un petit reglage en finesse...ses gestes son precis, mesures, les pieces atterissent au sol les unes apres les autres avant de redecoller pour s'agencer les unes aux autres avec la meme velocite, la meme precision...c'est beau un bon mecano !!! Le petit hero du jour, a peine son travail termine enfourche sa mob et s'en va, tel un champion desinteresse, Karma-Yogi de la mechanique, seulement preoccupe par le travail bien fait. J'ai juste le temps de lui signaler mon admiration et mon respect d'un large sourire et d'un pouce leve avant de le regarder s'eloigner. La suite des aventures de Pied Tendre, Tim et super Enfield au prochain episode. (mince j'aurai peut etre du gerer un peu plus de suspens...) Ajouter un commentaire { Page précédente } { Page 48 sur 104 } { Page suivante } |
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